Expertise · Établissements recevant du public

Classement des ERP : types, catégories et calcul de l'effectif

· Par Tarek Ballouch, architecte HMONP

Schéma reliant cinq types d’établissements recevant du public aux catégories d’effectif correspondantes
Sommaire
  1. Ce qui est un ERP, et ce qui n'en est pas un
  2. Les quatorze types, et les établissements spéciaux
  3. Les cinq catégories et les deux groupes
  4. La 5e catégorie : les seuils type par type
  5. Comment se calcule l'effectif, activité par activité
  6. Le personnel compte-t-il dans l'effectif ?
  7. Ce que devient un ERP existant
  8. Six erreurs de classement qui coûtent cher
  9. Repères réglementaires
  10. À retenir

Un établissement recevant du public est classé selon deux entrées indépendantes. Le type, désigné par une lettre, décrit l'activité : quatorze types en bâtiment, huit établissements spéciaux. La catégorie, numérotée de 1 à 5, dépend de l'effectif admis. Les catégories 1 à 4 forment le premier groupe, la 5e forme le second. Ce double classement commande l'ensemble des obligations de sécurité et d'accessibilité applicables au local.

Ce qui est un établissement recevant du public, et ce qui n'en est pas un

La définition légale est large, et c'est volontaire. Constituent des établissements recevant du public « tous bâtiments, locaux et enceintes dans lesquels des personnes sont admises, soit librement, soit moyennant une rétribution ou une participation quelconque, ou dans lesquels sont tenues des réunions ouvertes à tout venant ou sur invitation, payantes ou non ».

Trois conséquences suivent, qui surprennent souvent.

La gratuité ne change rien. Un local où l'on entre librement est un ERP au même titre qu'une salle payante. La taille ne change rien non plus : un cabinet libéral de 40 m² en est un. Et l'invitation ne protège pas : une réunion sur invitation entre dans la définition.

En sens inverse, deux catégories de locaux en sortent. Un logement privé n'est pas un ERP. Un local qui n'accueille que des salariés, sans jamais recevoir de tiers, n'en est pas un non plus : il relève du code du travail. La frontière se déplace dès qu'un client, un patient ou un fournisseur y est reçu.

Le texte précise enfin qui compose le public : « toutes les personnes admises dans l'établissement à quelque titre que ce soit en plus du personnel ». Le personnel n'est donc pas du public, ce qui ne signifie pas qu'il ne compte jamais. Nous y revenons plus bas.

Une dernière règle, permanente et souvent oubliée : constructeurs, propriétaires et exploitants sont tenus, tant au moment de la construction qu'au cours de l'exploitation, de respecter les mesures propres à assurer la sécurité des personnes. La conformité n'est pas un état acquis au dépôt du dossier, c'est une obligation continue.

Les quatorze types, et les huit établissements spéciaux

Le type décrit la nature de l'exploitation. Il détermine quelles dispositions particulières du règlement de sécurité s'appliquent, en plus des dispositions générales communes à tous les établissements.

Les quatorze types d'ERP installés dans un bâtiment
TypeActivité
JStructures d'accueil pour personnes âgées et personnes handicapées
LSalles d'auditions, de conférences, de réunions, de spectacles ou polyvalentes
MMagasins de vente, centres commerciaux
NRestaurants et débits de boissons
OHôtels et pensions de famille
PSalles de danse et salles de jeux
RÉtablissements d'éveil, d'enseignement, de formation, centres de vacances, centres de loisirs sans hébergement
SBibliothèques, centres de documentation
TSalles d'expositions
UÉtablissements sanitaires
VÉtablissements de culte
WAdministrations, banques, bureaux
XÉtablissements sportifs couverts
YMusées

Article GN 1 § 1 a) de l'arrêté du 25 juin 1980. La série commence à J : il n'existe ni type K, ni type Q, ni type Z.

S'y ajoutent huit établissements spéciaux, qui relèvent de dispositions propres : PA établissements de plein air, CTS chapiteaux, tentes et structures, SG structures gonflables, PS parcs de stationnement couverts, GA gares, OA hôtels-restaurants d'altitude, EF établissements flottants, REF refuges de montagne.

⚠️ Le type M n'a rien à voir avec les classements M 0 à M 4. Le type M désigne un magasin de vente. Les classements M 0 à M 4 qualifient la réaction au feu d'un matériau, du plus au moins performant. Une moquette M 3 dans un magasin de type M : deux échelles distinctes, qui se croisent dans le même dossier sans jamais se confondre. La confusion est fréquente, y compris dans des documents professionnels.

Un local peut relever de plusieurs types à la fois. Un commerce recevant du public qui installe quelques tables pour une consommation sur place cumule le type M et le type N. Une clinique dotée d'un amphithéâtre cumule le type U et le type L. Chaque activité apporte alors ses propres règles, et l'effectif de chacune se calcule séparément avant d'être additionné.

Les cinq catégories et les deux groupes

La catégorie ne dépend pas de l'activité mais du nombre de personnes admises. Elle se détermine « quel que soit leur type, d'après l'effectif du public et du personnel ».

Les cinq catégories d'ERP et leurs seuils d'effectif
CatégorieEffectifGroupe
1reau-dessus de 1 500 personnesPremier groupe
2ede 701 à 1 500 personnes
3ede 301 à 700 personnes
4e300 personnes et au-dessous, à l'exception des établissements compris dans la 5e catégorie
5eeffectif du public inférieur au seuil fixé pour chaque type d'exploitationDeuxième groupe

Catégories : CCH art. R143-19. Groupes : article GN 1 § 2 a) de l'arrêté du 25 juin 1980.

La 5e catégorie se définit par le bas, pas par un plafond unique. C'est la différence structurelle avec les quatre autres. Un établissement relève de la 5e catégorie lorsque l'effectif du public n'atteint pas le chiffre fixé par le règlement pour son type d'exploitation. Ce chiffre n'est pas le même pour un magasin, un restaurant ou un cabinet de soins. Le tableau suivant les donne tous.

La 4e catégorie se définit alors par soustraction : 300 personnes et au-dessous, sauf ce qui tombe en 5e. Un magasin de 150 personnes est donc en 5e catégorie, tandis qu'un magasin de 250 personnes est en 4e, alors que les deux sont « en dessous de 300 ».

La 5e catégorie : les seuils, type par type

Ce tableau est le pivot de tout classement. Dès que l'effectif du public atteint l'un des nombres portés dans l'une des trois colonnes, l'établissement quitte la 5e catégorie et entre dans le premier groupe, avec le régime nettement plus lourd qui s'y attache.

Seuils d'effectif faisant basculer un ERP de la 5e catégorie vers le premier groupe
Type d'exploitationSous-solÉtagesEnsemble des niveaux
M — Magasins de vente100100200
N — Restaurants, débits de boissons100200200
U — Établissements de soins sans hébergement100
U — Établissements de soins avec hébergement20
W — Administrations, banques, bureaux100100200
R — Écoles maternelles, crèches, haltes-garderies, jardins d'enfantsinterdit1 (20 si l'étage est le seul niveau)100
R — Autres établissements d'enseignement100100200
R — Avec locaux réservés au sommeil30
L — Salles de spectacles, de projections, cabarets2050
L — Autres salles de réunion et polyvalentes100200
O — Hôtels et pensions de famille100
P — Salles de danse ou de jeux20100120
S — Bibliothèques, centres de documentation100100200
T — Salles d'expositions100100200
V — Établissements de culte100200300
X — Établissements sportifs couverts100100200
Y — Musées100100200
J — Structures pour personnes âgées (résidents / total)25 / 100
J — Structures pour personnes handicapées (résidents / total)20 / 100
PA — Établissements de plein air300
OA — Hôtels-restaurants d'altitude20
GA — Gares aériennes200

Article PE 2 de l'arrêté du 25 juin 1980, version en vigueur depuis le 1er janvier 2026, modifiée par l'arrêté du 1er décembre 2025. Les gares souterraines et mixtes sont classées dans le premier groupe quel que soit leur effectif.

Trois lectures s'imposent sur ce tableau.

Les trois colonnes fonctionnent en parallèle, pas en cascade. Il suffit qu'une seule soit atteinte pour basculer. Un magasin de 90 personnes au rez-de-chaussée et 110 au sous-sol reste sous les 200 au total, mais il atteint les 100 en sous-sol : il quitte la 5e catégorie.

Le seuil est un seuil d'atteinte, pas de dépassement. Le texte parle d'un effectif « inférieur » aux nombres du tableau. Un effectif calculé à exactement 200 personnes n'est plus en 5e catégorie. Sur un projet limite, cette lecture change tout.

Les écarts entre types sont considérables. Vingt personnes suffisent à faire basculer un établissement de soins avec hébergement, contre trois cents pour un établissement de plein air. Un même local, à effectif identique, ne relève donc pas de la même catégorie selon l'activité qu'on y installe. C'est la raison pour laquelle un changement d'enseigne peut à lui seul changer le régime du bâtiment.

Comment se calcule l'effectif, activité par activité

L'effectif du public « est déterminé, suivant le cas, d'après le nombre de places assises, la surface réservée au public, la déclaration contrôlée du chef de l'établissement ou d'après l'ensemble de ces indications ». Les règles de calcul sont ensuite précisées type par type par le règlement de sécurité.

Autrement dit : il n'existe pas de formule unique. Trois mécanismes coexistent, et savoir lequel s'applique est la première question d'un dossier.

Mode de calcul de l'effectif du public selon le type d'ERP
TypeMode de calculSurface de référence
M — Magasins1 personne pour 3 m² au sous-sol, au rez-de-chaussée et au 1er étage · 1 pour 6 m² au 2e étage · 1 pour 15 m² au-dessus · 1 pour 6 m² pour une boutique de moins de 300 m² en centre commercial · 1 pour 9 m² en faible densitéla surface de vente
N — Restaurantsassis : déclaration contrôlée du nombre de places, dans la limite de 1 personne pour 2 m² · à défaut de déclaration, 1 personne par m² · debout : 2 personnes par m² · files d'attente : 3 personnes par m²la surface de la zone, estrades des musiciens et aménagements fixes déduits, tables et sièges non déduits
U — Soinsforfait : 1 personne par lit, plus 1 par 3 lits au titre du personnel, plus 1 par lit au titre des visiteurs, plus 8 personnes par poste de consultation ou d'exploration externeaucune : calcul par lit et par poste
W — Bureaux, banquesdéclaration du maître d'ouvrage · à défaut : 1 personne pour 10 m² de locaux spécialement aménagés pour recevoir du public, ou 1 pour 100 m² si les aménagements ne sont pas prévusles locaux d'accueil, non les plateaux de bureaux
R — Enseignement, crèchesdéclaration contrôlée du maître d'ouvrage ou du chef d'établissement, précisant la capacité maximale par niveauaucune
L — Sallesplaces assises numérotées · 1 personne par 0,50 m de banc · 3 personnes par m² debout · 5 personnes par mètre linéaire de promenoir · salles polyvalentes et de réunion : 1 personne par m²la surface totale de la salle
T — Expositions1 personne par m² en exposition temporaire · 1 personne pour 9 m² en exposition permanentela surface totale des salles accessibles au public
Y — Musées1 personne pour 5 m², modulable après avis de la commission de sécuritéla surface des salles accessibles au public
V — Culte1 personne par siège ou par 0,50 m de banc · 2 personnes par m² sans siègela surface réservée aux fidèles
P — Danse, jeux4 personnes pour 3 m²la surface de la salle, estrades déduites
O — Hôtelsnombre de personnes pouvant occuper les chambres · les salles réservées aux clients ne se cumulent pasaucune
S — Bibliothèquesdéclaration du maître d'ouvrage ou du chef d'établissementaucune
X — Sportifs couvertsdéclaration, ou la plus grande de deux valeurs calculées, spectateurs comprisl'aire d'activité sportive, le plan de patinage ou le plan d'eau

Articles M 2, N 2, U 2, W 2, R 2, L 3, T 2, Y 2, V 2, P 2, O 2, S 2 et X 2 de l'arrêté du 25 juin 1980, dans leur version en vigueur en août 2026. L'article de calcul du type L porte le numéro L 3, et non L 2.

Le forfait du type U mérite un mot, parce qu'il ne ressemble à aucun autre. Il ne raisonne ni en surface ni en places assises, mais par lit et par poste de consultation, et il intègre d'emblée le personnel et les visiteurs. Un poste de consultation externe pèse à lui seul huit personnes, personnel compris. C'est ce mécanisme qui a commandé le dimensionnement des dégagements de la maison médicale de Saint-Ouen-sur-Seine, 496 m² répartis entre plusieurs spécialités. Le cas particulier des cabinets de ville, qui passent en dessous du seuil d'application du chapitre U, est traité dans notre guide de l'aménagement d'un cabinet médical.

L'erreur porte rarement sur la densité, souvent sur l'assiette

Deux types peuvent partager la même densité et donner des effectifs très différents, parce que la surface à laquelle on l'applique n'est pas la même. Le règlement distingue au moins cinq assiettes : la surface de vente pour les magasins, la surface totale de la salle pour les salles de réunion, la surface des salles accessibles au public pour les musées et les expositions, la surface réservée aux fidèles pour les lieux de culte, et les locaux spécialement aménagés pour recevoir du public pour les bureaux.

Ces notions ne sont pas définies par le règlement. C'est la notice de sécurité qui les établit, projet par projet, et c'est là que se joue l'essentiel d'un dossier. Une réserve, un local technique ou un plateau de bureaux inclus à tort dans l'assiette gonflent l'effectif, font parfois basculer de catégorie, et déclenchent des obligations qui n'avaient pas lieu d'être.

Ce que le type N a changé en 2022

Un cas mérite d'être signalé, parce que la documentation en circulation est souvent périmée. Jusqu'en février 2022, l'effectif d'une zone de restauration assise se calculait à une personne par mètre carré, sans alternative. Depuis, la règle est à deux étages : par principe, la déclaration contrôlée du nombre de places assises, plafonnée à une personne pour 2 m² ; et seulement à défaut de déclaration, une personne par mètre carré. Pour une salle de 100 m², l'écart va de 50 à 100 personnes, soit la différence entre un dossier simple et un dossier lourd.

Le personnel compte-t-il dans l'effectif ?

C'est la question qui revient le plus souvent, et la réponse dépend de ce que l'on calcule. Elle est contre-intuitive parce que le personnel n'est pas du public au sens du code, tout en entrant dans certains calculs.

Prise en compte du personnel selon l'usage du calcul
Ce que l'on calculeLe personnel compte-t-il ?Source
La catégorie d'un établissement du premier groupeOui : le classement se fait « d'après l'effectif du public et du personnel »CCH R143-19
La catégorie d'un établissement de 5e catégorieNon : cet effectif « n'intervient pas pour le classement »GN 1 § 2 b)
Les dégagements, quel que soit le groupeOui, pour le personnel qui n'occupe pas des locaux indépendants disposant de leurs propres dégagementsCCH R143-19

La logique est cohérente une fois énoncée : on ne compte pas le personnel pour savoir dans quelle case administrative tombe l'établissement, mais on le compte toujours pour dimensionner les issues. Une équipe de huit personnes dans une boutique n'empêchera pas le classement en 5e catégorie, mais ces huit personnes évacueront par les mêmes portes que la clientèle, et elles entrent donc dans le calcul des dégagements.

La condition est précise : le personnel ne compte que s'il ne dispose pas de dégagements indépendants. Une réserve dotée de sa propre issue de secours sur cour sort du calcul ; un bureau au fond du magasin, qui n'a d'autre sortie que la boutique, y entre.

⚠️ Un effectif qui change doit être signalé. Lorsque l'effectif déclaré, celui qui a permis de classer l'établissement, subit une augmentation ou une diminution de nature à remettre en cause le niveau de sécurité, l'exploitant doit en informer le maire. Le classement n'est pas acquis une fois pour toutes : il suit l'exploitation réelle.

Ce que devient un ERP existant

Voici le point le plus mal compris de toute la matière, et celui qui provoque le plus de renoncements inutiles. Un exploitant qui reprend un local ancien croit devoir le mettre à niveau intégralement. Ce n'est pas ce que dit le règlement.

Le principe est celui de la non-rétroactivité : à l'exception des dispositions à caractère administratif, de celles relatives aux contrôles et aux vérifications techniques ainsi qu'à l'entretien, le règlement de sécurité ne s'applique pas aux établissements existants. Un établissement construit sous un règlement antérieur reste régi par celui-ci.

Trois réserves limitent immédiatement cette tranquillité, et elles sont larges.

D'abord, les trois exceptions du texte lui-même : l'administratif, les contrôles et vérifications techniques, et l'entretien s'appliquent sans délai à tout établissement existant. Un extincteur non vérifié n'est pas couvert par l'antériorité.

Ensuite, l'obligation permanente de sécurité : propriétaires et exploitants restent tenus, au cours de l'exploitation, de respecter les mesures propres à assurer la sécurité des personnes, déterminées compte tenu de la nature de l'exploitation, des dimensions des locaux et du nombre de personnes admises. La non-rétroactivité protège des règles nouvelles, pas de la négligence.

Enfin, et c'est le point qui commande les projets d'aménagement : dès que des travaux sont entrepris, les dispositions du règlement en vigueur « sont applicables aux seules parties de la construction ou des installations modifiées ». Le périmètre des travaux devient le périmètre de la mise en conformité.

⚠️ Et une clause de sauvegarde, à connaître avant de dessiner. Si les modifications envisagées ont pour effet d'accroître le risque de l'ensemble de l'établissement, notamment si une évacuation différée est rendue nécessaire, des mesures de sécurité complémentaires peuvent être imposées après avis de la commission de sécurité. Un projet trop ambitieux sur un local ancien peut donc entraîner une remise à niveau bien au-delà de son emprise. C'est l'arbitrage central d'un projet en existant, et il se prend au moment de l'esquisse, pas au dépôt.

La conséquence pratique est une méthode. Sur un local existant, le premier travail n'est pas de dessiner mais d'établir le périmètre exact de l'intervention : ce qui est touché relève du règlement d'aujourd'hui, ce qui ne l'est pas conserve son antériorité, et la frontière entre les deux se justifie dans la notice. Un projet bien découpé coûte parfois deux fois moins cher qu'un projet identique mal découpé. TBA Architecture monte plus de trente dossiers d'autorisation de travaux ERP par an, en Île-de-France et au-delà ; notre page architecte ERP présente la méthode et les établissements accompagnés.

Six erreurs de classement qui coûtent cher

1 Confondre le type M et les classements M 0 à M 4

Le premier désigne une activité de vente, les seconds la réaction au feu d'un matériau. La confusion se lit dans des notices rédigées par des professionnels et fait perdre du temps en instruction.

2 Croire que la 5e catégorie est une dispense

Elle allège, elle n'exonère pas. Un établissement de 5e catégorie reste soumis aux règles de sécurité et d'accessibilité, et l'autorisation de travaux lui est due. Ce qu'elle allège, ce sont les dispositions techniques applicables et, pour les établissements sans hébergement, la visite systématique de la commission de sécurité. La procédure complète est détaillée dans notre guide de l'autorisation de travaux ERP.

3 Oublier une activité secondaire

Quelques tables dans un commerce, une salle de réunion dans des bureaux, un point de vente dans un cabinet : chaque activité apporte son type, ses règles et son effectif. Le cumul se calcule activité par activité, puis s'additionne.

4 Appliquer la bonne densité à la mauvaise surface

C'est une erreur coûteuse, parce qu'elle passe inaperçue. Appliquer la densité des magasins à la surface totale du local au lieu de la surface de vente, ou celle des bureaux aux plateaux de travail au lieu des seuls locaux d'accueil, gonfle l'effectif de moitié et fait parfois basculer de catégorie.

5 Raisonner sur le total en oubliant les colonnes par niveau

Les seuils de la 5e catégorie se lisent en trois colonnes indépendantes. Un effectif total confortablement sous le seuil ne protège pas si le sous-sol, à lui seul, atteint le sien.

6 Traiter un local existant comme du neuf

Le règlement ne s'applique pas rétroactivement, et seules les parties modifiées entrent dans son champ. Appliquer les règles du neuf à un local ancien conduit à renoncer à des projets viables, ou à financer des travaux qui n'étaient pas dus.

Repères réglementaires

Repères du classement des établissements recevant du public
RepèreValeurSource
Définition d'un ERPtout bâtiment, local ou enceinte où des personnes sont admises, librement ou contre paiement, y compris sur invitationCCH art. R143-2
Obligation de sécuritépermanente, tant au moment de la construction qu'au cours de l'exploitationCCH art. R143-3
Types en bâtiment14, de J à Yart. GN 1 § 1 a)
Établissements spéciaux8 : PA, CTS, SG, PS, GA, OA, EF, REFart. GN 1 § 1 b)
Catégories1re : plus de 1 500 personnes · 2e : 701 à 1 500 · 3e : 301 à 700 · 4e : 300 et au-dessous · 5e : sous les seuils propres à chaque typeCCH art. R143-19
Groupespremier groupe : 1re à 4e catégorie · deuxième groupe : 5e catégorieart. GN 1 § 2 a)
Personnel et classementcompté dans le premier groupe · non compté pour classer un établissement de 5e catégorieCCH art. R143-19 et art. GN 1 § 2 b)
Personnel et dégagementscompté, s'il n'occupe pas des locaux indépendants disposant de leurs propres dégagementsCCH art. R143-19
Seuils de la 5e catégoriefixés type par type, en trois colonnes indépendantes : sous-sol, étages, ensemble des niveauxart. PE 2, version du 1er janvier 2026
Effectif d'un magasin1 personne pour 3 m² de surface de vente au sous-sol, au rez-de-chaussée et au 1er étageart. M 2, version du 1er décembre 2017
Effectif d'un restaurant, zone assisedéclaration contrôlée plafonnée à 1 personne pour 2 m² · à défaut, 1 personne par m²art. N 2, version du 10 février 2022
Effectif d'un établissement de soinsforfait : 1 personne par lit, 1 par 3 lits au titre du personnel, 1 par lit au titre des visiteurs, 8 par poste de consultationart. U 2
Effectif de bureaux ouverts au publicdéclaration du maître d'ouvrage · à défaut, 1 personne pour 10 m² de locaux d'accueilart. W 2
ERP existantsle règlement ne s'applique pas, sauf dispositions administratives, contrôles et vérifications techniques, et entretienart. GN 10 § 1
Travaux dans un ERP existantle règlement s'applique aux seules parties modifiées · mesures complémentaires possibles si le risque d'ensemble s'accroîtart. GN 10 § 2
Changement d'effectif déclarél'exploitant doit en informer le maireart. GN 1 § 2 c)

Chaque valeur a été relevée sur Légifrance en août 2026, dans la version de l'article en vigueur à cette date. Deux textes sont à surveiller : l'arrêté du 1er décembre 2025 a modifié plusieurs articles de la 5e catégorie au 1er janvier 2026, et l'arrêté du 19 février 2026 refond une large partie du chapitre relatif aux dégagements à compter du 1er juin 2027.

À retenir

  • Le classement repose sur deux entrées indépendantes : le type, qui décrit l'activité, et la catégorie, qui dépend de l'effectif.
  • Quatorze types en bâtiment, de J à Y, et huit établissements spéciaux. Il n'existe ni type K, ni Q, ni Z.
  • Les catégories 1 à 4 forment le premier groupe, la 5e forme le deuxième.
  • La 5e catégorie se définit par type : le seuil de bascule n'est pas le même pour un magasin (200), un cabinet de soins sans hébergement (100) ou un établissement avec hébergement (20).
  • Les seuils se lisent en trois colonnes indépendantes : sous-sol, étages, ensemble des niveaux. Une seule suffit à faire basculer.
  • Le seuil est un seuil d'atteinte : un effectif calculé à exactement 200 personnes n'est plus en 5e catégorie.
  • Le personnel ne compte pas pour classer un établissement de 5e catégorie, mais il compte toujours pour dimensionner les dégagements.
  • Un ERP existant n'est pas soumis au règlement nouveau, sauf pour l'administratif, les contrôles et l'entretien. Les travaux n'engagent que les parties modifiées.

Questions fréquentes

Quels sont les différents types d'ERP ?

Le règlement distingue quatorze types installés dans un bâtiment : J structures d'accueil pour personnes âgées et handicapées, L salles de réunion et de spectacle, M magasins, N restaurants, O hôtels, P salles de danse et de jeux, R enseignement et crèches, S bibliothèques, T salles d'expositions, U établissements sanitaires, V établissements de culte, W bureaux et administrations, X établissements sportifs couverts, Y musées. S'y ajoutent huit établissements spéciaux : PA, CTS, SG, PS, GA, OA, EF et REF.

Comment savoir si un local est en 5e catégorie ?

Il faut calculer l'effectif du public selon la règle propre à l'activité, puis le comparer au seuil fixé pour ce type d'exploitation. Pour un magasin, l'établissement quitte la 5e catégorie dès que l'effectif atteint 100 personnes en sous-sol, 100 en étages, ou 200 sur l'ensemble des niveaux. Les trois colonnes sont indépendantes : une seule suffit. Les seuils diffèrent selon le type, de 20 personnes pour un établissement de soins avec hébergement à 300 pour un établissement de plein air.

Le personnel compte-t-il dans l'effectif d'un ERP ?

Cela dépend du calcul. Pour déterminer la catégorie d'un établissement du premier groupe, oui : le classement se fait d'après l'effectif du public et du personnel. Pour un établissement de 5e catégorie, non : l'effectif du personnel n'intervient pas pour le classement. En revanche, pour dimensionner les dégagements, le personnel compte toujours, dès lors qu'il ne dispose pas de locaux indépendants avec leurs propres issues.

Un ERP existant doit-il être mis en conformité avec le règlement actuel ?

Non, pas intégralement. Le règlement de sécurité ne s'applique pas aux établissements existants, à trois exceptions près : les dispositions administratives, les contrôles et vérifications techniques, et l'entretien. En revanche, dès que des travaux sont entrepris, le règlement s'applique aux seules parties modifiées. Et si les modifications accroissent le risque de l'ensemble de l'établissement, des mesures complémentaires peuvent être imposées après avis de la commission de sécurité.

Un local peut-il relever de plusieurs types à la fois ?

Oui, et c'est fréquent. Un commerce qui installe des tables pour une consommation sur place cumule le type M et le type N. Un établissement de soins doté d'une salle de conférence cumule le type U et le type L. Chaque activité apporte ses dispositions particulières, et l'effectif se calcule séparément pour chacune avant d'être additionné. Le règlement prévoit d'ailleurs expressément, pour les établissements de soins, que l'effectif est majoré de celui des locaux annexes, calculé selon leur propre type d'exploitation.

Que se passe-t-il si l'effectif réel dépasse l'effectif déclaré ?

Lorsque l'effectif déclaré, celui qui a permis de classer l'établissement, subit une augmentation ou une diminution de nature à remettre en cause le niveau de sécurité, l'exploitant doit en informer le maire. Un dépassement durable peut faire basculer l'établissement dans une catégorie supérieure, avec les obligations techniques correspondantes. Le classement suit l'exploitation réelle : il n'est pas acquis une fois pour toutes au dépôt du dossier.

Un local à classer, un effectif à établir ?

Nous qualifions le local, calculons l'effectif admissible, rédigeons la notice qui le justifie et montons le dossier d'autorisation de travaux jusqu'à l'autorisation d'ouverture.