Un architecte ERP conçoit et fait autoriser un établissement recevant du public : commerce, cabinet médical ou dentaire, restaurant, salle de sport, local de loisirs. À Paris et en Île-de-France, TBA Architecture qualifie le local avant la signature du bail, dessine l’agencement avec les règles de sécurité et d’accessibilité, monte le dossier d’autorisation de travaux et suit l’instruction jusqu’à l’ouverture de l’établissement. L’agence traite une vingtaine de dossiers d’autorisation de travaux ERP par an.
Trois autorisations, un calendrier
Un exploitant qui aménage un local ne demande pas une autorisation : il en obtient trois, instruites par des services différents, sur des délais différents.
L’autorisation de travaux, d’abord, au titre de l’accessibilité et, pour les établissements du premier groupe et la 5e catégorie avec hébergement, de la sécurité incendie ; pour un établissement de 5e catégorie sans hébergement, le volet incendie n’est plus demandé depuis le 21 novembre 2025, remplacé par une description succincte des travaux communiquée à l’autorité de police. Elle s’instruit en quatre mois à compter du dépôt d’un dossier complet. L’autorisation d’urbanisme, ensuite, lorsque la devanture, la façade ou la destination changent : c’est une décision distincte, et une déclaration préalable ne vaut jamais autorisation de travaux. L’autorisation d’ouverture, enfin, que l’exploitant demande au maire avant de recevoir du public, lorsqu’elle est exigée : sans elle, les travaux achevés ne donnent pas le droit d’ouvrir.
Ce qui se joue n’est donc pas un formulaire, c’est un calendrier. Du bail signé à l’ouverture, un projet d’agencement mené sans incident occupe huit à dix mois, dont quatre d’instruction pure. Les dossiers qui dérapent ne dérapent presque jamais pendant les travaux : ils dérapent parce que le dossier déposé était incomplet. Le délai de quatre mois ne court qu’à la réception des pièces manquantes, et une demande non complétée dans le délai imparti est rejetée. C’est précisément ce que l’architecte est chargé d’empêcher.
Catégories et types d’ERP : ce qui change pour votre projet
Le règlement classe chaque établissement par type, selon l’activité, et par catégorie, selon l’effectif que le local peut accueillir. Le type fixe les règles particulières ; la catégorie fixe le niveau d’exigence et la procédure.
| Catégorie | Effectif retenu | Ce que ça implique |
|---|---|---|
| 1re à 4e (premier groupe) | Public et personnel, au-dessus du seuil propre à chaque type : de 300 personnes et au-dessous (4e) à plus de 1 500 (1re) | Règles complètes du règlement de sécurité ; visite de la commission de sécurité avant l’ouverture |
| 5e (second groupe) | Public seul, en dessous du seuil fixé pour chaque type par le règlement de sécurité | Règles allégées. Sans locaux d’hébergement, depuis le 21 novembre 2025, la demande d’autorisation n’est plus exigée au titre de l’incendie (travaux et ouverture) ; l’autorisation reste due au titre de l’accessibilité et une description succincte des travaux est communiquée à l’autorité de police |
Les types les plus courants à Paris : M pour les commerces, N pour les restaurants et débits de boissons, U pour les cabinets et établissements de soins, X pour les salles de sport, L et P pour les salles de spectacle et de loisirs, W pour les bureaux recevant du public. La plupart des locaux que nous traitons relèvent de la 5e catégorie. Le détail des quatorze types, des seuils par type et du calcul de l’effectif est dans notre guide du classement des ERP. Ce que la 5e catégorie allège, et ce qu’elle n’allège pas, est détaillé dans notre page sur les ERP de 5e catégorie.
Ce que l’architecte prend en charge
Sur un dossier ERP, le travail de conception et le travail réglementaire ne sont pas deux missions : ce sont les deux faces du même plan.
La qualification du local, avant tout engagement. Type, catégorie, effectif admissible, état des dégagements existants : cette analyse dit si le local peut accueillir l’activité envisagée, et à quel prix. Menée avant la signature du bail, elle sert d’argument de négociation. Cette qualification du local est une étude de faisabilité ; nous la menons aussi pour des immeubles entiers, jusqu’à la transformation d’un immeuble en hôtel.
La conception avec la contrainte. Les largeurs de passage, les sens d’ouverture des portes, les surfaces de manœuvre et les dégagements sont des données de plan, pas des vérifications finales. Les intégrer au moment du dessin évite de reprendre un agencement entier au stade du dépôt : c’est le principal apport d’un architecte sur ce type de dossier.
Le dossier lui-même. La notice de sécurité, la notice d’accessibilité, les plans avant et après travaux, les demandes de dérogation lorsqu’elles se justifient, le dépôt en mairie, puis les réponses aux demandes des commissions. La procédure complète est décrite dans notre guide de l’autorisation de travaux ERP ; les deux pièces écrites sont détaillées dans notre page sur la notice d’accessibilité et la notice de sécurité. Le contenu du dossier, son auteur et les erreurs qui le font repartir sont détaillés dans notre page sur le dossier ERP.
Une règle enfin, qui concerne la plupart de nos clients professionnels : lorsque le maître d’ouvrage est une personne morale, société, SCI ou association, la dispense des 150 m² ne s’applique pas et le recours à un architecte est en principe obligatoire dès qu’un permis de construire est nécessaire, sous réserve des exceptions prévues par le Code de l’urbanisme.
Les établissements que nous accompagnons
Les commerces, du local de vente à la reprise avec changement d’enseigne : effectif, dégagements, sous-sol ouvert à la clientèle, devanture et sa double instruction. Notre page architecte de commerce traite ces sujets un à un, et notre page sur l’enseigne et la devanture à Paris détaille l’autorisation propre à la façade commerciale.
Les lieux de soins : cabinets médicaux, cabinets dentaires, cabinets paramédicaux, maisons de santé. Trois polices s’y superposent : sécurité et accessibilité, urbanisme, et parfois changement d’usage. Notre page architecte de cabinet médical les démêle ; notre page sur la transformation d’un appartement en cabinet médical à Paris traite le cas, fréquent, du logement converti ; notre page architecte de cabinet dentaire y ajoute ce qui n’appartient qu’au dentaire : la salle de radiologie, la stérilisation et les effluents.
Les restaurants et locaux de restauration, où le classement se double des questions d’extraction, de cumul d’activités et de terrasse. Notre page architecte de restaurant part de la salle et de la cuisine avant d’aborder les contraintes.
Les salles de sport et les locaux de loisirs, souvent en sous-sol ou en étage, où la structure, l’acoustique et les dégagements décident de la faisabilité. Notre page sur l’ouverture d’une salle de sport à Paris en donne la méthode.
Les locaux professionnels recevant du public dans les immeubles d’habitation ou de bureaux, qui bénéficient sous conditions d’un régime allégé, souvent méconnu et décisif pour la faisabilité d’un petit établissement.
Les trois contraintes qui dessinent le projet
L’effectif. Il ne se déclare pas, il se calcule, selon une règle propre à chaque activité, et il commande tout le reste : la catégorie, le nombre d’issues, leur largeur. Un effectif mal établi fait basculer un dossier entier. C’est la première vérification de toute étude.
Les dégagements. Nombre, largeur, distances à parcourir, sens d’ouverture des portes : ces valeurs sont des données d’agencement. Dans l’existant, des tolérances précises sauvent beaucoup de projets parisiens, à condition d’être justifiées dans la notice.
L’accessibilité. Les valeurs applicables dans un cadre bâti existant ne sont pas celles du neuf, et l’écart change les projets. Lorsqu’une mise en conformité se heurte à un obstacle réel, une dérogation motivée peut être demandée : la construire est un travail d’architecte, pas un formulaire. Notre page sur la dérogation d’accessibilité pour un ERP existant décrit les quatre motifs admis et la façon de les justifier.
Ces trois sujets ont chacun leur page de référence sur ce site, tenue à jour sur les textes en vigueur. Chaque affirmation réglementaire publiée ici est vérifiée sur Légifrance, dans la version en vigueur de l’article, avant d’être écrite.
Commission de sécurité et autorisation d’ouverture
L’autorisation de travaux ne donne pas le droit d’ouvrir. Pour les établissements du premier groupe et la 5e catégorie avec hébergement, l’exploitant demande au maire l’autorisation d’ouverture une fois les travaux achevés ; le maire l’accorde par arrêté, après avis de la commission de sécurité, qui visite l’établissement. Pour un établissement de 5e catégorie sans locaux d’hébergement, la demande d’autorisation d’ouverture n’est plus exigée au titre de l’incendie depuis le 21 novembre 2025 ; les règles de sécurité restent applicables et l’accessibilité reste contrôlée, par l’attestation d’accessibilité établie après les travaux. Dans tous les cas, l’architecte réunit les attestations des entreprises et répond aux observations de la commission lorsqu’elle intervient. C’est la dernière étape de la mission, et elle se prépare dès la conception : un désenfumage ou un dégagement oubliés au plan ne se rattrapent pas à la visite. Le déroulé des visites, ce que la commission contrôle et ce que nous préparons sont détaillés dans notre page sur la commission de sécurité ERP.
La méthode, en cinq temps
1 Qualifier le local, avant de signer
Relevé, classement, calcul de l’effectif, examen des dégagements. Deux à trois semaines. C’est l’étape la plus rentable du projet.
2 Concevoir avec la contrainte
L’agencement intègre les règles au moment du dessin, pas après. Trois à quatre semaines pour le plan et les deux notices.
3 Monter et déposer le dossier
Notices, plans, dérogations le cas échéant, dépôt contre récépissé. Le dossier est produit chez TBA en une à trois semaines selon sa complexité et son urgence ; un dossier complet au premier dépôt est ce qui protège le calendrier.
4 Suivre l’instruction
Quatre mois à compter du dépôt. Réponses rapides aux demandes des commissions de sécurité et d’accessibilité : chaque aller-retour décale la date de décision.
5 Jusqu’à l’ouverture
Suivi des travaux, attestations d’achèvement et d’accessibilité, puis, lorsqu’elle est exigée, demande d’ouverture auprès du maire, qui autorise par arrêté. La mission s’arrête quand l’établissement a le droit de recevoir son public, pas avant.
Trois projets
À Paris 6e, boulevard Raspail, TBA Architecture a mené en 2024 la rénovation complète de Platinium Paris 6, salon de coiffure de 200 m², établissement de type M et de 5e catégorie : sous-sol de réserve ouvert à la clientèle pour y installer un espace de soin, liaison entre les deux niveaux par un escalier hélicoïdal. Le projet a appelé une autorisation de travaux ERP avec deux demandes de dérogation d’accessibilité, pour le sous-sol et pour l’accès avec une marche, et une autorisation préalable d’enseigne déposée à la mairie de Paris. Le dossier est détaillé dans notre page architecte de commerce.
À Lille, l’escape game Team Break, établissement de 4e catégorie classé en type X, a été transformé et livré. L’agence a constitué le dossier d’autorisation de travaux, avec des demandes de dérogation d’accessibilité. Établissement du premier groupe, il est soumis à la visite de la commission avant ouverture.
À Saint-Ouen-sur-Seine, une maison de ville et son hangar arrière sont réunis en une maison médicale de 496 m², type U de 5e catégorie, plusieurs spécialités de médecine et de paramédecine : entrée de plain-pied percée dans la maçonnerie de rue, halle surélevée sous une toiture-verrière. Le permis de construire et le dossier ERP, dossier spécifique joint au permis, instruit par une commission de sécurité indépendante, ont été accordés en 2026 ; le chantier est à venir.
Chaque année, l’agence traite une vingtaine de dossiers d’autorisation de travaux pour des commerces, des cabinets, des locaux de loisirs et des établissements de soins, en Île-de-France et au-delà. → Voir les projets de l’agence
Repères réglementaires
| Sujet | Source officielle |
|---|---|
| L’ouverture d’un établissement recevant du public est subordonnée à une autorisation | CCH, article L122-5 |
| Dispense de la demande d’autorisation au titre de l’incendie en 5e catégorie sans hébergement, depuis le 21 novembre 2025 : travaux et ouverture | CCH, article R122-7 II et article R122-5 II, décret n° 2025-1100 du 19 novembre 2025 |
| Visite de réception avant l’ouverture, et exception pour les établissements de l’article R143-14 sans locaux d’hébergement | CCH, article R143-38 |
| Arrêté d’ouverture du maire, pris après avis de la commission | CCH, article R143-39 |
| Catégories d’ERP, d’après l’effectif du public et du personnel | CCH, article R143-19 |
| Effectif de la 5e catégorie : le personnel n’est pas compté | Règlement de sécurité, article PE 3 § 2 |
| Instruction en quatre mois, pièces manquantes et rejet | CCH, article R122-16 |
| Attestation d’accessibilité établie après les travaux | CCH, article R122-30 |
| Recours à un architecte : exceptions, dont les travaux limités à l’aménagement intérieur | Code de l’urbanisme, article L431-3 |
Repères vérifiés sur Légifrance le 10 octobre 2026, dans la version en vigueur à cette date.
Questions fréquentes
Faut-il un architecte pour un ERP de 5e catégorie ?
Pas toujours au sens de la loi, mais presque toujours en pratique. Le dossier d’autorisation de travaux exige des plans cotés et une notice d’accessibilité qui engagent l’exploitant, et une notice de sécurité dès que l’établissement comporte des locaux d’hébergement ou relève du premier groupe. Pour une société ou une SCI, le recours à un architecte est en principe obligatoire dès qu’un permis de construire est nécessaire, sous réserve des exceptions du Code de l’urbanisme, dont les travaux qui portent exclusivement sur l’aménagement intérieur.
Qui dépose l’autorisation de travaux ERP ?
L’exploitant ou le propriétaire, en son nom, auprès de la mairie du lieu du projet, à Paris comme dans les autres communes. L’architecte constitue le dossier, le signe pour les pièces qui relèvent de sa mission et répond aux demandes de l’instruction.
Combien de temps entre la signature du bail et l’ouverture ?
Comptez huit à dix mois pour un projet sans incident : la qualification du local, la conception et les notices, quatre mois d’instruction de l’autorisation de travaux, les travaux, puis l’autorisation d’ouverture demandée au maire, lorsqu’elle est exigée. Le délai d’instruction ne commence à courir qu’à la réception des pièces manquantes, et une demande non complétée dans le délai imparti est rejetée : c’est la première cause de retard.
Que se passe-t-il si le dossier est incomplet ?
La mairie liste les pièces manquantes dans le mois qui suit le dépôt ; le délai de quatre mois ne commence à courir qu’à leur réception, et si elles ne sont pas transmises dans le délai imparti, la demande est rejetée. Un dossier déposé incomplet en janvier peut ainsi n’être autorisé qu’à l’été. C’est la raison pour laquelle la qualification du local et le calcul de l’effectif sont faits avant tout dessin.
Peut-on ouvrir avant la réponse de la mairie ?
Non. Les travaux ne peuvent commencer qu’une fois l’autorisation de travaux obtenue. Pour les établissements du premier groupe et la 5e catégorie avec hébergement, l’ouverture attend en plus l’arrêté du maire. Pour la 5e catégorie sans hébergement, la demande d’autorisation d’ouverture n’est plus exigée au titre de l’incendie depuis le 21 novembre 2025 : l’exploitant ouvre une fois les travaux autorisés et achevés, avec l’attestation d’accessibilité.
Intervenez-vous en dehors de Paris ?
L’agence est installée à Paris 19e et intervient dans toute l’Île-de-France, ainsi qu’au-delà lorsque le projet le justifie, comme à Lille ou à Reims. Pour un dossier d’autorisation de travaux, l’essentiel de l’instruction se traite avec la mairie du lieu du projet, quel que soit le département.
Un établissement recevant du public à créer ou à transformer ?
Nous qualifions le local avant la signature du bail, concevons l’agencement avec la contrainte, montons le dossier et suivons l’instruction jusqu’à l’ouverture, à Paris et en Île-de-France.
