Diviser une maison en deux ou trois logements ne change pas sa destination, qui reste l’habitation, mais cela touche à quatre règles : le plan local d’urbanisme, qui peut exiger des places de stationnement par logement ou limiter les divisions ; l’autorisation préalable de division, obligatoire dans les communes qui l’ont instaurée ; les surfaces et équipements minimaux de chaque logement ; et, si les logements doivent être vendus séparément, la copropriété. Avant d’acheter ou de commencer, l’architecte vérifie ces quatre points et dessine la division qui passe. Comptez un à deux mois pour la faisabilité et les plans, un à trois mois d’autorisations, puis un chantier de trois à six mois.
Ce que le plan local d’urbanisme permet
C’est la première vérification, et elle se fait avant toute promesse d’achat. Le PLU de la commune peut :
- exiger des places de stationnement par logement : deux logements au lieu d’un, c’est souvent une place de plus à créer sur la parcelle, et une maison de ville sans cour ne peut pas la créer ; certaines communes admettent une dérogation ou une participation ;
- fixer une taille minimale des logements dans certains secteurs (code de l’urbanisme, L. 151-14), ce qui interdit les studios issus d’un découpage ;
- limiter l’emprise, la pleine terre et les reculs, ce qui compte si la division s’accompagne d’une extension ou d’un second accès ;
- imposer un accès indépendant ou une largeur de façade pour un second logement, selon les règlements.
À Paris et en petite couronne, les PLU diffèrent d’une commune à l’autre ; nous lisons le règlement de la zone et, au besoin, nous demandons un certificat d’urbanisme.
L’autorisation préalable de division
Depuis la loi ALUR, une commune ou une intercommunalité peut délimiter des zones où tout projet créant plusieurs logements dans un bâtiment existant doit être autorisé avant les travaux (code de la construction et de l’habitation, L. 126-18). On l’appelle le permis de diviser. Il est en vigueur dans de nombreuses communes de petite couronne. Le dossier comprend les plans cotés de chaque logement, les diagnostics amiante et plomb et la description des équipements. En pratique, il se dépose en même temps que la déclaration préalable ou le permis de construire des travaux, qui en tient lieu : comptez un mois d’instruction pour une déclaration préalable, deux pour un permis de maison. La commune refuse si les logements ne respectent pas les tailles fixées par le PLU, si l’immeuble est frappé d’un arrêté d’insalubrité ou de péril, ou si la division crée un risque pour la sécurité ou la salubrité. Diviser sans cette autorisation expose à une amende.
Ce que chaque logement doit avoir
- Surface et volume : la loi interdit toute division qui crée un logement de moins de 14 m² habitables et 33 m³, ou dépourvu d’une installation d’eau potable, d’évacuation et d’une alimentation électrique (CCH, L. 126-17) ; en pratique, les PLU et les communes exigent souvent plus.
- Décence : pour être loué, un logement a au moins une pièce principale de 9 m² sous 2,20 m de hauteur, ou 20 m³, un coin cuisine, un WC et une installation sanitaire, de l’eau chaude, une ventilation et un chauffage (décret n° 2002-120).
- Accès : chaque logement a sa porte ; un accès par une pièce de l’autre logement n’est pas une division.
- Réseaux : compteurs individuels d’électricité, d’eau et de gaz, ou un dispositif de répartition ; chauffage et eau chaude propres ou répartis.
- Acoustique et incendie : la loi n’impose pas à l’existant les règles du neuf, mais un mur et un plancher qui séparent deux logements doivent isoler du bruit et résister au feu : c’est ce qui fait la valeur des logements et la paix des occupants.
- Lumière et ventilation : une pièce principale a une fenêtre ; les pièces d’eau sont ventilées.
Déclaration préalable ou permis de construire
La division n’est pas un changement de destination. Les travaux, eux, relèvent de l’urbanisme comme tous les autres :
- aucune autorisation si rien ne change à l’extérieur ni en surface ;
- déclaration préalable si l’on crée ou modifie une porte ou une fenêtre, ou une extension de moins de 20 m², 40 m² en zone urbaine du PLU sans dépasser 150 m² au total ;
- permis de construire au-delà, ou si l’on touche à la structure et à la façade en même temps.
L’instruction prend un mois pour une déclaration préalable, deux pour un permis de maison, plus un mois aux abords d’un monument historique.
Copropriété ou monopropriété
Si vous gardez la maison entière et louez les logements, il n’y a pas de copropriété à créer : un seul propriétaire, plusieurs baux. Si les logements doivent être vendus séparément, ou si la division se fait en deux maisons mitoyennes avec chacune son terrain, il faut un acte : règlement de copropriété et état descriptif de division dressés par un géomètre-expert et un notaire pour une copropriété ; division parcellaire avec bornage pour deux maisons sur deux terrains. Ce choix se fait au début, parce qu’il commande les accès, les réseaux et parfois le plan.
Le chantier
Une division se construit autour de ce qui existe : la cage d’escalier, les descentes d’eau, les murs porteurs. On place les cuisines et les salles d’eau près des chutes, on crée la seconde entrée là où la façade et le PLU le permettent, on double le mur ou le plancher mitoyen pour le bruit, on reprend l’électricité à neuf avec un tableau par logement, on sépare les compteurs. Dans une maison de banlieue à un étage, la division la plus simple est horizontale : un logement au rez-de-chaussée avec le jardin, un à l’étage avec un escalier extérieur ou une entrée séparée. Dans une maison étroite, la division verticale, en deux maisons mitoyennes, demande un mur séparatif complet et deux accès sur rue.
Ce que l’agence a fait
Dans le 20e arrondissement de Paris, nous avons transformé une annexe de fond de jardin, ancien cellier d’une copropriété, en logement indépendant de 44 m², livré en 2025 : la question de la destination des locaux accessoires et celle des surfaces y étaient les mêmes que pour une division. Pour les terrains, à Sucy-en-Brie et à Thiais, nous avons accompagné deux divisions parcellaires avant de construire une maison sur le lot détaché, permis accordés. Nous n’avons pas encore livré de maison divisée en plusieurs logements ; nous en étudions la faisabilité pour des propriétaires et des investisseurs, avec la même méthode.
Repères réglementaires
| Repère | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Division créant un logement de moins de 14 m² et 33 m³, ou sans eau, évacuation et électricité | Interdite | CCH, L. 126-17 |
| Autorisation préalable de division dans les zones délimitées par la commune | Obligatoire avant travaux ; refus si tailles du PLU non respectées, insalubrité, péril, sécurité | CCH, L. 126-18 à L. 126-20 |
| Taille minimale des logements fixée par le PLU | Possible dans des secteurs délimités | Code de l’urbanisme, L. 151-14 |
| Logement décent | Pièce principale de 9 m² sous 2,20 m, ou 20 m³ ; cuisine, WC, sanitaires, eau chaude, ventilation, chauffage | Décret n° 2002-120 |
| Déclaration préalable pour une ouverture ou une petite extension | Jusqu’à 20 m², 40 m² en zone urbaine du PLU | Code de l’urbanisme, R. 421-17 |
| Instruction | 1 mois (déclaration), 2 mois (permis de maison), + 1 mois aux abords d’un monument | Code de l’urbanisme, R. 423-23, R. 423-24 |
| Stationnement par logement | Selon le PLU de la commune | Code de l’urbanisme, L. 151-30 et suivants |
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour diviser une maison en deux logements ?
Dans les communes qui ont instauré l’autorisation préalable de division, oui, avant les travaux. Partout, les travaux visibles de l’extérieur demandent une déclaration préalable ou un permis.
Diviser une maison est-il un changement de destination ?
Non : la maison reste de l’habitation. Les règles qui s’appliquent sont celles du PLU, de l’autorisation de diviser et de la décence des logements.
Quelle surface minimale pour chaque logement ?
14 m² et 33 m³ au minimum légal ; 9 m² pour la pièce principale au titre de la décence ; souvent davantage selon le PLU. En pratique, on ne divise pas une maison en studios.
Faut-il des places de parking ?
Souvent, oui : le PLU fixe un nombre de places par logement. C’est le point qui bloque le plus de divisions en petite couronne.
Peut-on diviser une maison en deux maisons mitoyennes ?
Oui si le PLU le permet et si chaque maison a son accès et son terrain : c’est une division parcellaire en plus d’une division du bâti.
Faut-il créer une copropriété ?
Seulement si les logements sont vendus séparément. Un seul propriétaire qui loue plusieurs logements n’en a pas besoin.
Combien de temps ?
Un à deux mois d’étude et de plans, un à trois mois d’autorisations, trois à six mois de chantier.
Un architecte est-il obligatoire ?
Pas pour la division elle-même ; oui si un permis de construire est nécessaire et que la surface dépasse 150 m², ou si le propriétaire est une société. Dans tous les cas, il vérifie le PLU, le permis de diviser et les surfaces avant que vous achetiez.
Une maison à diviser ?
Envoyez-nous l’adresse, les plans si vous les avez et ce que vous voulez en faire. Nous vous disons si la division passe, à quelles conditions, et ce qu’elle coûte en ordre de grandeur.
